Pourquoi les graisses s’accumulent différemment entre hommes et femmes ?

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Vous connaissez peut-être la légende urbaine qui veut que les hommes accumulent la graisse dans la ceinture abdominale alors que c'est dans les cuisses et les hanches des les femmes que se logent la graisse. Plus qu'une légende, une équipe de recherche vient de souligner que cette différente répartition de la graisse serait liée au sexe et à l'expression d'un gène en particulier :
Pourquoi les graisses s’accumulent différemment entre hommes et femmes ?

C’est plus qu’une légende urbaine : les graisses s’accumulent différemment entre hommes et femmes. Si ce phénomène est depuis toujours un mystère, une récente étude menée sur la mouche à fruits (les drosophiles) suggère que les différentes répartitions des graisses seraient liées au sexe. Explications.

Une accumulation du tissu adipeux inégale selon le sexe

Vous l’avez sûrement déjà remarqué, la graisse (ou tissu adipeux) a tendance à s’accumuler dans la ceinture abdominale chez les hommes alors qu’elle préfère les cuisses et les hanches des femmes, où la graisse s'accumule d'ailleurs davantage. Les études concernant cette disparité sont nombreuses mais les gènes impliqués dans la distribution des cellules adipeuses non élucidés. Cependant, une étude menée par une équipe de l’université de Vancouver (University of British Columbia), publiée dans la revue PLOS Biology, tend à lever le mystère. L'étude, menée sur les mouches à fruits (Drosophila melanogaster), souligne que leur ADN permettrait de comprendre la répartition des graisses selon le sexe. Et c’est au niveau des triglycérides que cela se passe.

Les triglycérides pour comprendre pourquoi les graisses s’accumulent différemment entre hommes et femmes

Les graisses que nous stockons le sont sous la forme de triglycérides, les mammifères les stockent dans le tissu adipeux alors que les insectes dans le corps adipeux. Grâce à l’analyse des cellules adipeuses des drosophiles, l’équipe de l’université de Vancouver a pu identifier différents gènes en cause dans le métabolisme des graisses ainsi que le stockage du surplus. Un gène en particulier, le gène bmm, s’exprimerait différemment entre drosophiles mâles et femelles. Ce gène contribue notamment à l’utilisation des triglycérides plutôt qu’à leur stockage.

Confrontés à une alimentation normale, les drosophiles mâles produisent davantage de bmm que les femelles. Et ce n'est pas tout ! Chez les femelles, les triglycérides sont de plus grosse taille que chez les mâles, conduisant les femelles à un stockage plus conséquent et permettant au contraire aux mâles d’épuiser plus facilement les réserves. Autrement dit, les mâles décomposent davantage les triglycérides que les femelles. Pour vérifier ce constat, l’équipe de recherche a également supprimé l’expression dudit gène chez mâles et femelles. Résultat, tous deux stockent autant de triglycérides.

Le saviez-vous ?

Si les triglycérides constituent un apport d’énergie nécessaire au quotidien, des triglycérides stockés en excès (notamment en lien avec une alimentation trop grasse et trop sucrée sur du long terme, ou à cause d’un excès d’alcool) vont favoriser l’épaississement de la paroi des artères et/ou le durcissement des artères. C’est ce que l’on nomme athérosclérose. Des plaques d’athérome vont alors se former, favorisant notamment  les risques cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC…).

Des constats similaires pour les triglycérides entre hommes et femmes ?

La mouche à fruits constitue depuis plus d’une décennie la référence afin d’analyser les gènes impliqués dans la régulation de notre métabolisme. D’ailleurs, près de 75% des gènes en cause dans des pathologies humaines se retrouvent chez la drosophile. Et cette récente étude du gène bmm chez les drosophiles mâles et femelles ouvre nombre de pistes à la recherche scientifique sur le stockage des triglycérides via ce même gène chez l’Homme. Elizabeth Rideout et Lianna Wat, de l’université de Vancouver, ne taisent pas leurs espoirs : « Nous espérons qu'en identifiant les gènes qui expliquent pourquoi les hommes et les femmes ont des quantités de graisse différentes, nous serons mieux à même de comprendre pourquoi les hommes et les femmes ont des risques différents de maladies associées à un stockage anormal des graisses, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2 ». Grâce à cette étude, l’équipe espère d’ailleurs obtenir « des informations essentielles sur le développement de nouvelles thérapies adaptées aux femmes et aux hommes pour traiter le métabolisme anormal des graisses ».

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Sources :
PLOS Biology
The University of British Columbia
Sciences et Avenir

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