De la mélatonine pour perdre du poids ?

De la mélatonine pour perdre du poids ?

Une étude publiée dans la revue Advances in Nutrition nous dévoile que la mélatonine pourrait jouer un rôle dans la régulation du poids. Outre son rôle dans la régulation du sommeil, elle serait aussi importante dans la régulation de l’inflammation, la pression artérielle, des actions de l’insuline et du métabolisme énergétique. Explications.

La mélatonine est une hormone sécrétée naturellement pendant la nuit dont une des fonctions physiologiques est de favoriser l’endormissement. En plus de ses effets sur l’horloge biologique, la mélatonine possède d’autres propriétés : modulation de l’humeur et du système immunitaire, régulation de la température corporelle et de la motricité intestinale. Elle possède également une action vasodilatatrice, vasoconstrictrice et pro-inflammatoire. Depuis juillet 2019 et surtout depuis la parution de l’étude de scientifiques chinois, la mélatonine pourrait jouer un rôle également dans le développement du tissu adipeux et du métabolisme énergétique.

La mélatonine et les tissus adipeux

Les tissus adipeux (graisse blanche ou brune) font partie des adipocytes, dont le rôle est d’accumuler l’énergie. Il existe trois sortes d’adipocytes, les blancs qui stockent la graisse afin de la mettre à disposition de l’organisme. Les bruns et les beiges qui transforment la graisse en chaleur, ce qu’on appelle la thermogenèse. Les adipocytes régulent aussi l’appétit. Selon l’étude, la mélatonine jouerait un « rôle dans les adipocytes blancs, beiges et bruns », en agissant sur l’adipogenèse, c’est-à-dire sur la capacité de certaines cellules à élaborer des graisses de réserve donc du tissu adipeux blanc. Elle pourrait également favoriser « la formation de beige ou le brunissement du tissu adipeux blanc, améliorer la masse et les activités du tissu adipeux brun, (…) et empêcher le gain de poids corporel ».

De la mélatonine pour perdre du poids grâce au tissu adipeux brun ?

Mais ses effets ne s’arrêteraient pas là. La mélatonine favoriserait l’activité directe du tissu adipeux brun, ce qui augmente les calories brûlées par l’organisme au repos (thermogénèse). La fonction du tissu adipeux brun est de produire de la chaleur pour maintenir la température corporelle à 37 °C. C’est pourquoi, les adipocytes de ce tissu ne stockent pas les graisses (comme les adipocytes blancs) mais les brûlent afin de produire de la chaleur. La mélatonine aurait donc une influence sur les calories brûlées par l’organisme au repos.

Le cercle infernal du mauvais sommeil

Une mauvaise nuit signifie souvent une prise alimentaire plus conséquente voire une prise de poids. Beaucoup d’études ont déjà montré qu’un manque de sommeil entraîne une augmentation des taux d’insuline, de cortisol et de ghréline, l’hormone qui régule notre faim physiologique, mais aussi une diminution du taux de leptine, celle qui gère notre satiété. Après une nuit agitée ou blanche, l’estomac va donc produire de la ghréline, ce qui va donc favoriser la prise alimentaire. Dans ce cas, nous aurons tendance à nous tourner vers des aliments très caloriques et pas forcément les plus nutritifs. Notre taux de leptine étant en baisse, nous ne ressentons plus la satiété donc nous mangeons beaucoup.

La mélatonine en favorisant l’endormissement participe donc à la production de leptine et donc à un régime alimentaire plus équilibré. Vous l’aurez compris, la mélatonine favorise le sommeil qui favorise la régulation de notre masse corporelle. En un mot, dormez c’est bon pour votre santé !

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Sources :
Oxford Economic
Anses
Annals of Internal Medicine
La Nutrition
Cenas, Centre du Sommeil